TABLEAUX DU YEMEN de Pascal Marechaux
Pays d'excellence des architectures sans architecte, le Yémen recèle des trésors d'harmonie. A l'étonnante diversité des reliefs, des climats, des contraintes
du site, le paysan bâtisseur propose, avec les moyens les plus limités, des réponses dont la justesse prend la force de l'évidence. Au lieu de s'opposer à la nature, l'homme œuvre dans son
prolongement pour créer un monde d'équilibre. Avec un mimétisme spectaculaire la maison s'inscrit dans le paysage. Cet accord avec le milieu se double de sensualité : la maison accompagne les
gestes de l'homme. La maison n'est pas une coquille vide dans laquelle on vient tant bien que mal se glisser, elle est ici notre plus grand corps. Dans un étonnant jeu de miroir, le maquillage
des femmes répond à celui des ouvertures, le trait du sourcil à l'arcature de la baie, le masque de beauté au décor de la façade, les nattes de la coiffure aux tresses qui arriment la couverture
des huttes... Les demeures austères et généreuses sont le support d'une expression faite de liberté et d'inventivité. La maison est un blason, la vitrine haute en couleur de la réussite de son
propriétaire. Les forteresses de pierres sèches se parent d'oiseaux, chantant parmi les palmes. Les intérieurs des huttes, qui peuvent accueillir le plus grand nombre d'invités, se couvrent
d'assiettes émaillées et racontent, à la manière de bandes dessinées, tous les rêves de verdure et de boissons fraîches, d'immeuble avec ascenseur, de moto rutilante... sans oublier les outils
nécessaires en cas de panne. Le palais de boue séchée sur huit étages se voit bariolé d'un camaïeu acidulé, rythmé de faux pilastres. Les échoppes se muent en compositions picturales que ne
renierait pas Hundertwasser, tandis que le portail fait un clin d'œil à Mondrian. La maison est un tableau !
CITES DU YEMEN de Pascal Maréchaux et Serge Sautreau
C'est entendu : le Yémen ébloui, séduit, conquiert ses visiteurs. La beauté des sites, la puissance d'attraction de ses montagnes,
de ses déserts, de ses deux versants maritimes, mer Rouge et océan Indien, le disputent sans cesse, en effet, à cette aura d'une histoire qui plonge si avant dans les millénaires qu'elle semble
surgie tout droit de la légende. Au point que l'on ne sait si les cités du Yémen - purs défis des hommes à l'espace, cités fantômes ou cités vives, érigées en des lieux que l'on tiendrait de
prime abord pour inaccessibles - relèvent de l'audace ou de la nécessité. A cette question, l'ouvrage que voici entend répondre à sa manière, en décryptant l'esprit du Yémen. Le géologique et
l'architectural, le rural et l'urbain, le tribal et le sacré, l'économique et le religieux s'entremêlent ici de telle sorte que l'on se prend à rêver d'en restituer les clefs, de concilier
l'histoire et le symbole. L'éclosion des " splendides villes ", saluées par Rimbaud, n'est-elle pas le signe même du génie yéménite ? La route de l'encens, les caravanes, la mythique reine de
Saba, qu'en resterait-il sans ces énigmatiques incarnations de pierre d'argile et de paille séchée ? Ainsi, c'est à la genèse de ces hauts murs, à leur surgissement originel, que nous convie ce
livre : en interrogeant le sens caché des citadelles et des " maisons-tours ", l'entrelacs des jardins et des cultures irriguées, des mosquées et des souks, des métiers et des rites. Au Yémen, et
du fond des âges, le mystère est toujours présent.
YEMEN Arabia Felix d'Hervé Campollion et Jean Lambert
Au carrefour de l’Afrique, du bassin méditerranéen et de l’Extrême Orient, le Yémen s’est construit sur les apports de plusieurs civilisations. Les caravanes d’encens, de myrrhe
et d’épices ont traversé le sud de la péninsule arabique, le café a été exporté depuis le port de Mokha…
De Sanaa, capitale de l’Arabia Felix, ville aux multiples maisons-tours, œuvre d’art architectural unique au monde, aux côtes de la Mer Rouge ou celles de l’océan Indien en passant par Shibam,
plus connue sous le nom de la « Chicago du désert » pour sa multitude de très haute tours ocres et la région des hautes montagnes parsemées de villages fortifiés perchés sur les pitons rocheux
dominant les cultures en terrasses, Hervé Champollion, à travers des photos exceptionnelles, guide le lecteur sur une terre qui semble habitée par le merveilleux. Jean Lambert nous fournit une
multitude d’informations concernant la vie yéménite dans un texte clair, repartant toujours de la photographie et du détail pour se rapprocher de la connaissance de l’ailleurs et de
l’autre.
