OUZBEKISTAN de Didier Labouche et Sergio Cozzi
L'Ouzbékistan, un univers de rêve ; des noms, des sons, venus d'un passé de lumières, un conte des mille et une nuits qui resurgit d'une histoire où se mêlent,
dans la magnificence des temples de ses cités, des ambiances de bazar, la poussière des caravanes et des cavalcades qui ont peuplé l'idéal de tant de conquérants. Captez les couleurs azurées des
médersas aux enluminures dorées. Perdez-vous dans les ruelles de Boukhara la pieuse, de Khiva, de Samarcande, héritières de toutes les influences artistiques ; créant le rêve, elles ont su
entretenir notre imaginaire. Fidèles à l'histoire des caravaniers qui ont creusé l'empreinte d'un périple devenu mythique, nous sommes partis rechercher sa trace, du Ferghana aux rives désolées
de la mer d'Aral.
MER D'ARAL les bateaux qui pleurent de Nicolas Descottes
Les bateaux ont-ils des larmes ? Non pas, même en mer d'Aral, car
il n'y a plus d'eau, et le vent les sécherait à peine écloses. Les bateaux y transportaient les récoltes de coton d'Ouzbékistan, avant de les acheminer vers la Russie. Mais l'on a tellement puisé
l'eau des fleuves qui alimentaient la mer d'Aral que la mer intérieure d'Asie centrale située entre Kazakhstan et Ouzbékistan s'est aujourd'hui réduite de moitié (elle a diminué d'un tiers de sa
superficie entre 1957 et 1989...), et est devenue extrêmement salée, au point que les poissons la trouvent inhospitalière... Port de pêche très productif des années soixante-dix
(40 000 tonnes de poisson préparées par an), Aralsk ressemble aujourd'hui à une ville désoeuvrée, et se voit régulièrement toucher par la peste. Terre salée et rouille, givre, carcasses
de navires abandonnés... éléments et matériaux précèdent un peuple, typé russe ou asiatique, ses vieilles ridées vêtues de nippes, le regard plein de trésors, sa jeunesse joyeuse, ses femmes
exhibant fièrement les poissons pêchés par leurs maris...
Immobiles aussi sont les bateaux qui ont cessé de voguer il y a bien longtemps. Rien ne semble pouvoir perturber dorénavant leur chorégraphie, tristement figée.
--Céline Darner
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